frère Pierre Ja...'s profileBienvenue sur le blog du...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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September 07 Bénir!Ce fut une grande grâce de participer le 5 septembre 2008 aux ordinations épiscopales à Paris de Renauld de Dinechin et d'Eric de Moulins-Beaufort, nouveaux évêques auxiliaires de Paris. Un jour, quand on demanda à un évêque quelle était sa charge, il répondit avec humour: "de bénir"... en effet nous avons tous en tête l'image de l'évêque qui passe en procession dans les grands rassemblements en bénissant la foule, encore et toujours, tout au long du chemin. Bénir, c'est dire du bien. Par le ministère de l'évêque, c'est Dieu qui dit du bien des hommes, Dieu qui manifeste son amour et sa bienveillance. Une bienveillance exigeante, car Dieu fait de nous des fils et des filles, libres, responsables. Les frères dominicains sont coopérateurs des évêques, comme prêcheurs. Mais notre devise, "louer, bénir, prêcher", rappelle que nous sommes aussi là pour bénir. Nous coopérons au ministère de l'évêque pour être avec lui le signe que Dieu aime les hommes et les bénit, qu'il les aime, quoi qu'ils fassent. Non pas comme un père lointain et naïf sur la capacité humaine à faire le mal, mais comme un père aimant et qui veut conduire ses enfants toujours plus haut sur le chemin de la sainteté. April 28 La prière (I) : Qu’est-ce que la prière ?Prier, c’est se mettre en présence de Dieu. Le Seigneur est toujours là, comme le Christ nous l’a promis : « je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20), il nous attend patiemment au milieu de notre agitation. Il n’y a pas de « technique » pour prier, même s'il est important d'apprendre à faire silence pour accueillir Dieu, car il s’agit d’être avec Dieu comme un ami parle à son ami, d’entrer en relation avec quelqu’un. Comme dans toute relation forte, intime, l’essentiel n’est pas dans le flot de paroles, mais dans la qualité de notre présence. C’est très réconfortant quand nous avons l’impression de n’avoir rien à dire de nous rappeler que les plus grand saints avaient une prière très dépouillée, avec peu de mots mais simplement un regard aimant, silencieux. Un paysan donna un jour une belle définition de la prière à saint J-M. Vianney, le « Curé d’Ars » (19è S.) qui lui demandait ce qu'il disait à Dieu durant ses longs temps de recueillement à l'église : « Je ne lui dis rien, je l’avise et il m’avise ». L’important, c’est la liberté dans la prière car rien n’est plus intime que la relation de l’homme avec Dieu au plus profond de son cœur. Comme avec un ami, on peut tout dire, dans la confiance. April 24 « Seigneur, donne-nous de ce pain-là ».« Seigneur, donne-nous de ce pain-là » (évangile de Jean 6, 30-35). C’est bien ce que nous demandons nous aussi lorsque nous prions le Notre Père : « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », ou dans certaines versions, « le pain dont nous avons besoin ». L’Evangile de Jean ne rapporte pas l’enseignement du Notre Père, mais le discours sur le Pain de vie (évangile de Jean, chapitre 6), qui nous éclaire sur la prière que Jésus nous a laissé. Lorsqu’il est question de pain dans l’Evangile, du pain qui rassasie, du pain à demander à Dieu car seul Dieu peut le donner, du pain pour chaque jour, qui nous permet d’avancer dans l’espérance et dans la joie au cœur de tout ce qui constitue notre vie quotidienne, du pain à partager ensemble pour former un seul corps dans l’unité, c’est de Jésus qu’il est question : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ». Lorsque nous prions le Notre Père, nous demandons la seule nourriture qui nous rassasie, qui nous comble, la présence du Seigneur. Présence du Seigneur qui se donne dans l’intimité de la prière, dans la rencontre de l’autre, et dans l’eucharistie. En recevant le Pain de vie, nous manifestons notre désir de toujours demeurer avec le Christ et nous professons que la présence du Christ est indispensable à notre vie, comme le pain est nécessaire à notre corps. Notre seul secours, la joie qui ne passe, et qui, secrètement, transfigure notre vie jour après jour, c’est de demeurer avec le Seigneur, de ne jamais être séparé de lui. « Que jamais je ne sois séparé de toi »… prière que dit le prêtre à voix basse avant la communion, prière aussi du philosophe Blaise Pascal dans le Mémorial, texte qu’il portait sur lui au moment de sa mort et qu’il avait écrit lors de sa conversion, prière enfin que l’on trouve dans une hymne attribuée à saint Ignace de Loyola, que nous chantons parfois : « Ame du Christ, sanctifie-moi, corps du Christ, sauve-moi, sang du Christ, enivre-moi […] dans tes blessures cache-moi. Ne permets pas que je sois séparé de toi ». Seigneur, comme les foules qui venaient vers toi, comme les disciples à qui tu apprenais à prier, nous t’implorons : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ». Fais-nous la grâce de ta présence chaque jour, Seigneur, pour que jamais nous ne soyons séparés de toi. April 22 Un vrai prêtre... par Madeleine DelbrêlIl y a plus de cinquante ans, Madeleine Delbrêl (1904-1964), mystique, assistante sociale en banlieue ouvrière, écrivait ce qu'elle attendait d'un prêtre. Un très beau texte pour nourrir notre méditation ! L'absence d'un vrai prêtre est, dans une vie, une détresse sans nom. Le plus grand cadeau qu'on puisse faire, la plus grande charité qu'on puisse apporter, c'est un prêtre qui soit un vrai prêtre. C'est l'approximation la plus grande qu'on puisse réaliser ici-bas de la présence visible du Christ… Dans le Christ, il y a une vie humaine et une vie divine. Dans le prêtre, on veut retrouver aussi une vie vraiment humaine et une vie vraiment divine. Le malheur, c'est que beaucoup apparaissent comme amputés soit de l'une soit de l'autre. Il y a des prêtres qui semblent n'avoir jamais eu de vie d'homme. Ils ne savent pas peser les difficultés d'un laïc, d'un père, d'une mère de famille, à leur véritable poids humain. Ils ne réalisent pas ce que c'est vraiment, réellement, douloureusement, qu'une vie d'homme, de femme. Quand les laïcs chrétiens ont rencontré une fois un prêtre qui les a « compris », qui est entré avec son coeur d'homme dans leur vie, dans leurs difficultés, jamais plus ils n'en perdent le souvenir. À condition toutefois que, s'il mêle sa vie à la nôtre, ce soit sans vivre tout à fait comme nous. Les prêtres ont longtemps traité les laïcs en mineur ; aujourd'hui, certains, passant à l'autre extrême, deviennent des copains. On voudrait qu'ils restent pères. Quand un père de famille a vu grandir son fils, il le traite désormais en homme et plus en gamin, mais il le considère toujours comme son fils : un fils, homme. On a besoin également que le prêtre vive d'une vie divine. Le prêtre, tout en vivant parmi nous, doit rester d'ailleurs. Les signes que nous attendons de sa présence divine ? - la prière : il y a des prêtres on ne voit jamais prier (ce qui s'appelle prier) ; - la joie : que de prêtres affairés, angoissés ! - La force : le prêtre doit être celui qui tient. Sensible, vibrant, mais jamais écoulé ; - la liberté : on le veut libre de toute formule, libéré de tout préjugé ; - le désintéressement : on se sent parfois utilisé par lui, au lieu qu’il nous aide à remplir notre mission ; - la discrétion : il doit être celui qui se tait (on perd espoir en celui qui nous fait trop de confidences) ; - la vérité : qu’il soit celui qui dit toujours la vérité ; - la pauvreté : c'est essentiel. Quelqu'un qui est libre vis-à-vis de l'argent ; qui ressent comme une « loi de pesanteur » qui l’entraîne instinctivement vers les plus petits, vers les pauvres ; - le sens de l'Eglise enfin : qu'il ne parle jamais de l'Eglise à la légère, comme étant du dehors ! Un fils est tout de suite jugé, qui se permet de juger sa mère (…) Témoignage anonyme intégral à lire dans Fernand Boulard, Essor au déclin du clergé français, Cerf, Paris, 1950. L'AnnonciationSermon pour les vigiles de l'Annonciation Bienheureuse providence. Bienheureuse providence qui nous conduit ce soir à célébrer ce soir la totalité du mystère du salut. Comment célébrer une dernière fois l’octave de Pâques mieux qu’en en retrouvant la source? Comment fêter la résurrection du Seigneur, sinon en faisant mémoire de l’incarnation? Comment nous préparer à nous laisser conduire par Marie au Cénacle pour y accueillir l’Esprit Saint, mieux qu’en honorant ce jour très saint où par la parole de l’ange, l’Esprit Saint la couvrit de son ombre ? Si la croix du Christ est le lieu ultime du salut, ce don unique et absolu, cette offrande d’amour, nous est déjà donnée en plénitude dans le mystère de l’incarnation. Lui, le Fils de Dieu, est né d’une femme, lui le Verbe de Dieu, a pris les babillements d’un enfant, lui, le roi de l’univers qui était de tout éternité s’est fait le plus pauvre pour naître dans une étable car il n’y avait pas de place dans la salle commune. Dieu a tant aimé le monde qu’il ne s’est pas résigné à voir l’homme errer dans les méandres de sa chute. Dieu a tant aimé le monde qu’il ne pouvait se résoudre à voir l’homme loin de lui. Dieu a tant aimé le monde, qu’il a envoyé son Fils unique. L’homme s’était éloigné de Dieu, mais comme Dieu ne sauve pas de loin, c’est Dieu qui est venu à l’homme. Alors, voici que la Vierge concevra, Ce sera l’Emmanuel, Dieu avec nous, il s’appellera Jésus, le Seigneur sauve, car il sauvera son peuple de ses péchés. Le Seigneur qui s’annonce en cette nuit, est bien d’abord Notre Sauveur. « Heureuse faute d’Adam qui nous a valu un tel rédempteur », avons-nous chanté la nuit de Pâques à la suite de Saint Augustin! Célébrer l’annonciation, c’est célébrer l’annonce de notre libération. Telle est la foi de l’Eglise, telle est notre foi au Christ quand nous proclamons que « pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel. Par l’Esprit saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme ». Dieu a voulu nous sauver, mais par dessus tout, Dieu a fait de nous des hommes libres et responsables. Dieu ne vient pas nous libérer de force, il nous fait participer à son œuvre de salut. Dieu a créé l’homme à son image et il lui a confié l’univers pour qu’il règne sur la création. Dieu a associé l’homme et l’associe chaque jour à son œuvre de création. Alors combien plus pour cette œuvre de recréation, de restauration qu’est le salut, Dieu a-t-il voulu redonner à l’homme sa dignité créatrice. Dieu a voulu avoir besoin de nous pour opérer notre propre libération. Mais Dieu prend l’homme au sérieux. La réponse de l’homme, c’est le choix de Dieu. Dieu a fait le choix d’obéir à l’homme. Nous croyons que Marie est sans péché, mais cela ne signifie pas que sa réponse était contrainte. Au contraire, c’est le péché qui nous contraint. Marie était libre, et sa liberté n’était pas souillée par le péché. La réponse de Marie n’est pas accessoire, c’est une réponse libre et décisive. Sans le fiat de la Vierge, le monde serait encore en attente. Alors implorons Marie avec Saint Bernard : « Ta réponse, ô douce Vierge, Adam l'implore tout en larme, exilé qu’il est avec sa malheureuse descendance ; il l’implore, Abraham, il l’implore, David, ils la réclament tous instamment, les autres patriarches, tes ancêtres, qui habitent eux aussi au pays de l’ombre et de la mort. Cette réponse, le monde entier l’attend, prosterné à tes genoux. De ta parole dépendent le soulagement des malheureux, le rachat des captifs, la délivrance des condamnés. Ne tarde plus, Marie. Vite, réponds à l’ange ». Oui, frères et soeurs, c’est le fiat de Marie qui a ouvert le ciel. Mais l’œuvre de recréation, de restauration en Jésus-Christ se poursuit aujourd’hui à travers nous. La question de l’ange, c’est à nous qu’elle est posée chaque fois que nous pouvons faire advenir le règne de Dieu ou que nous pouvons refermer le ciel. Chaque fois qu’au nom de Jésus, nous renonçons au péché, qu’au nom de Jésus, dans nos familles, notre profession, notre société, nous ne nous résignons pas à voir l’homme esclave et pécheur et que nous travaillons à donner à l’homme sa dignité. Chaque fois qu’au nom de Jésus nous refusons d’enfermer l’autre dans sa maladresse, dans sa faiblesse ou même dans ses actes, aussi graves soient-ils, chaque fois qu’au nom de Jésus nous témoignons pour nous-mêmes et pour les autres de l’espérance du salut, c’est le fiat de Marie que nous prononçons. Participer à cette œuvre de restauration, cela nous donne une dignité suprême, mais, nous le savons, cela nous place devant une exigence forte. Accueillir la parole de l’ange, accueillir, sous le souffle de l’Esprit Saint, le Christ en nous pour le donner aux autres, cela n’est pas facile. Le récit que nous venons d’entendre pourrait alors nous sembler lointain, une sorte d’histoire naïve pour âme pieuse, mais qui n’aurait que peu à voir avec le fiat qui surgit devant nous chaque jour. Souvenons-nous, frères et sœurs, que loin des représentations idéalistes, Marie ne risque rien moins que la lapidation, en devenant enceinte avant d’être unie à Joseph. Le « oui » de Marie, il a le prix d’une vie donnée. La confiance et l’abandon de Marie prennent alors tout leur sens. Cette confiance et cet abandon ne sont que la préfiguration de la vie donnée du Christ en sa passion. Si Marie se tient debout au pied de la croix quand tous ont déserté, c’est parce qu’elle sait le prix et le sens de l’acte d’amour qui s’accomplit sous ses yeux. C’est parce que son fiat libre et responsable, « qu’il se fasse pour moi selon ta parole », préfigure l’offrande du Christ : « ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne ». A notre tour, suivons cette mère très pure, qu’elle nous soutienne dans le don de notre vie, dans le combat quotidien de la foi. Qu’à sa prière nous accueillions le Christ dans la Parole de Dieu et les sacrements et que nous le donnions à nos frères. Que par notre ouverture à la grâce, nous manifestions au monde que « le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». |
c'est prier deux fois...
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